Louis Paul Motaze : « L’enjeu fondamental pour l’exercice 2026 est clair : faire en sorte que chaque franc CFA mobilisé soit utilisé avec célérité, efficacité et transparence, au service des priorités nationales et à l’amélioration des conditions de vie de nos concitoyens »
*Extrait du discours prononcé par le Ministre des Finances, le 06 février 2026 à Yaoundé.
« (…) A l’entame du mandat présidentiel placé sous le sceau de la Grandeur et de l’Esperance, LE CHEF DE L’ETAT, S.E PAUL BIYA a, aussi bien dans son adresse à la Nation le 31 décembre 2025 que lors de son discours d’investiture le 06 novembre 2025, fixé les priorités ainsi que les grands objectifs devant guider l’action des politiques publiques durant le prochain septennat.
Ces priorités se traduisent principalement en un programme de développement couvrant tous les domaines et impliquant d’importants investissements parmi lesquels la construction ou la réhabilitation des infrastructures dans les secteurs de l’eau, de l’énergie, de l’éducation, des routes, de la santé, etc.
La mise en œuvre de ces hautes directives du CHEF DE L’ETAT nécessitera plus que par le passé, des ressources financières importantes dont la mobilisation et la mise à disposition nous incombe. C’est dire que l’atteinte des objectifs fixés dépendra principalement de notre capacité à mobiliser les ressources et à gérer la trésorerie de manière optimale.
Ces hautes directives du CHEF de L’ETAT auront ainsi guidé le choix du thème de l’édition 2026 de notre conférence annuelle : « Gestion optimale de la Trésorerie : Enjeux, défis et perspectives ».
Face à la persistance des tensions sur les finances publiques, la volatilité des ressources budgétaires, l’accroissement des charges incompressibles et les exigences croissantes en matière de continuité et de qualité du service public, la gestion de la trésorerie de l’État s’impose aujourd’hui comme un levier stratégique majeur de la soutenabilité budgétaire et de la stabilité macroéconomique. Je le disais encore récemment lors de la cérémonie de lancement du budget l’Etat à N’Gaoundéré : l’Etat joue un rôle majeur dans la vie économique de la nation et la trésorerie de l’Etat est la respiration même de l’action publique. Quand elle est maitrisée, la Nation avance ; quand elle s’essouffle, tout s’arrête
Dès lors, la problématique qui se pose à nous est la suivante : comment doter l’État camerounais d’un dispositif de gestion de trésorerie à la fois efficace, transparent et robuste, capable d’anticiper les crises, garantir la liquidité en période de rareté, optimiser l’allocation des ressources disponibles et sécuriser l’exécution des dépenses publiques, tout en préservant la soutenabilité et la viabilité de la dette.
C’est autour de cette interrogation centrale que s’articuleront nos réflexions, nos échanges et les orientations stratégiques que nous entendons tracer au cours de cette conférence à l’effet d’apporter des solutions durables aux problèmes rencontrés.
(…)
Afin de donner une traduction opérationnelle à cette ambition, car je n’ai pas de doutes en nos capacités en matière de ressources humaines et de compétences, les travaux de ce jour s’articuleront autour de trois exposés majeurs, conçus comme des séquences complémentaires d’un même diagnostic et d’une même vision de réforme.
Le premier exposé, qui porte sur « État des lieux des finances publiques au Cameroun », dressera un panorama exhaustif, objectif et prospectif de la situation actuelle de nos finances publiques.
Au-delà du simple constat, cet exposé se veut un outil d’aide à la décision. En effet, il devrait permettre d’identifier avec précision nos marges de manœuvre, nos vulnérabilités structurelles et conjoncturelles, ainsi que les leviers stratégiques susceptibles de renforcer la résilience de la trésorerie de l’État face aux chocs internes et externes.
Pour ce qui de l’exposé sur « Réformes budgétaires et contribution à l’amélioration de la gestion de la trésorerie », il mettra en exergue les réformes structurelles et institutionnelles engagées dans le cadre de la modernisation de la gestion des finances publiques. Il sera question de démontrer le lien d’interdépendance entre la gestion budgétaire et la gestion de la trésorerie, d’examiner les zones de fragilités ainsi que les contraintes des processus et des mécanismes budgétaires, de montrer comment ces réformes devraient contribuer à une meilleure prévisibilité des flux financiers à travers une bonne coordination entre tous les acteurs en vue de la réduction des délais de traitement des engagements et des paiements.
Une attention particulière sera accordée au lien entre la qualité de la planification budgétaire et l’efficacité de la gestion de la trésorerie, en montrant comment l’alignement entre les priorités de la SND30, les budgets sectoriels et les plans de trésorerie constitue un facteur déterminant de performance, de transparence et de crédibilité de l’action publique.
Enfin le troisième exposé portant sur la « Crise de liquidités : raisons et solutions », abordera de manière approfondie et systémique la problématique des tensions de trésorerie et des crises de liquidités. Il analysera leurs causes profondes, qu’elles soient (i) structurelles telles que la dépendance à certaines catégories de recettes, la rigidité de la dépense publique et la fragmentation des circuits financiers ou (ii) conjoncturelles, notamment les retards de décaissement des financements extérieurs, les chocs exogènes et les fluctuations des marchés. Il mettra en perspective les impacts économiques, sociaux et budgétaires de ces tensions, en particulier sur le paiement des fournisseurs de l‘État, la continuité du service public, la crédibilité de la signature financière et le climat de confiance avec le secteur privé.
Cet exposé proposera enfin un ensemble de leviers stratégiques et opérationnels susceptibles de restaurer progressivement et durablement les paiements à vue. C’est pour cela que je vous exhorte à aborder ces discussions avec un esprit constructif, car de vos réflexions et recommandations dépendra la réussite de notre mission collective.
(…)
La gestion de la trésorerie de l’État ne peut plus être perçue comme une simple fonction de caisse. En 2026, elle s’affirme comme un instrument de pilotage macroéconomique, de crédibilité financière et de souveraineté.
Elle consiste à garantir, en permanence, que l’État dispose des liquidités nécessaires pour honorer ses engagements, au moindre coût et avec un niveau de risque maîtrisé, tout en optimisant l’utilisation de ses excédents temporaires.
Sur un autre plan, notamment dans le cadre de la mise en œuvre de notre Stratégie Nationale de Développement à l’horizon 2030, et au regard du budget de l’État pour l’exercice 2026, arrêté à 8 816,4 milliards de FCFA, la trésorerie publique doit permettre une injection fluide, régulière et ciblée des ressources vers les projets structurants afin de soutenir durablement la croissance économique.
L’enjeu fondamental pour l’exercice 2026 est clair : faire en sorte que chaque franc CFA mobilisé soit utilisé avec célérité, efficacité et transparence, au service des priorités nationales et à l’amélioration des conditions de vie de nos concitoyens.
Yen appelle donc à la responsabilité de chaque acteur de la chaîne budgétaire et financière. La performance de notre trésorerie est une œuvre collective, et son efficacité conditionne la stabilité sociale, la confiance des investisseurs et la transformation structurelle de notre économie.
A cet effet, permettez-moi à nouveau de rappeler ses paroles du Chef de l’État qui disait je le cite :
« Le progrès de notre nation repose sur notre capacité à gérer nos ressources avec efficacité, transparence et responsabilité » Fin de citation.
C’est à nous, Ministère des Finances, qu’il revient de traduire cette vision en réalité et c’est ainsi que nous pourrons jouer notre partition dans l’œuvre d’édification de notre Nation. »
